La métaphore physique : Lakoff et Johnson sur la pensée abstraite

Lakoff et Johnson ont soutenu que les idées abstraites sont saisies à travers la métaphore physique : associez un concept inconnu à une expérience corporelle pour qu'il s'ancre.

Why it works

Dans Metaphors We Live By (1980), Lakoff et Johnson ont fait une affirmation sur le langage qui s'est révélée être une affirmation sur la pensée : les métaphores physiques enfouies dans le discours ordinaire ne sont pas de l'ornement, elles sont la machinerie du concept. On dit qu'un argument est un voyage (« nous avons couvert beaucoup de terrain »), que comprendre c'est saisir, que le temps est un chemin, que l'affection est de la chaleur — et nous ne pouvons pas facilement le dire autrement, ce qui est leur preuve que le concept abstrait est structuré PAR le concept corporel plutôt que simplement décoré par lui. Leur argument est philosophique et linguistique : une analyse systématique de la façon dont les métaphores se regroupent en familles cohérentes, pas une expérience. La conséquence pratique est qu'une nouvelle idée abstraite n'a aucune prise tant qu'elle n'en emprunte pas une à quelque chose que vous avez physiquement vécu — donc choisir délibérément une métaphore physique vivante fournit cette prise exprès plutôt que de la laisser à quelle que soit la métaphore usée que vous avez absorbée en premier.

How to do it

  1. En rencontrant un nouveau concept abstrait, demandez-vous : « À quelle expérience physique ou spatiale cela ressemble-t-il ? »
  2. Articulez la métaphore explicitement : « Ça fonctionne comme l'eau qui coule à travers un entonnoir — la pression monte quand l'ouverture se rétrécit. »
  3. Testez la métaphore en la poussant : où se brise-t-elle ? La limite révèle où le concept lui-même est différent.

Données probantes

La théorie de la métaphore conceptuelle (Lakoff et Johnson, 1980) est bien établie en linguistique cognitive et en philosophie de l'esprit. Il est important d'être clair sur le type d'affirmation qu'il s'agit : leur cas repose sur une analyse systématique du langage, pas sur des expériences, c'est donc un cadre descriptif puissant plutôt qu'un effet mesuré. Séparément, les travaux expérimentaux sur la cognition ancrée montrent que le traitement de concepts abstraits active des régions sensori-motrices, ce qui est cohérent avec l'idée que les métaphores corporelles sont fonctionnellement impliquées dans la compréhension plutôt que décoratives. (mechanistic)

La thèse forte « toute cognition est incarnée » reste contestée. Notez aussi qu'une branche largement médiatisée de la recherche en aval sur la cognition incarnée — les études sur l'amorçage métaphorique affirmant qu'une expérience physique incidente déplace le jugement abstrait (tenir une tasse chaude, propreté physique et jugement moral, et similaires) — a un mauvais historique de reproduction, et rien dans cette pratique ne repose sur ces découvertes. L'argument linguistique de Lakoff et Johnson et le travail de neuro-imagerie sur l'activation sensori-motrice sont distincts de cette littérature et ne sont pas ébranlés par ses échecs. Que choisir délibérément une métaphore physique aide la compréhension est une inférence raisonnable ; elle n'a pas été isolée comme une intervention testée.

Sources

Erreur fréquente

Choisir une métaphore familière mais imprécise, puis l'utiliser bien au-delà du point où elle induit en erreur — la métaphore devient une béquille qui bloque une compréhension plus précise.

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