Le concept du hérisson : les trois cercles de Good to Great

Le concept du hérisson de Jim Collins est l'intersection entre ce dans quoi vous pouvez exceller, ce qui alimente votre moteur économique, et ce pour quoi vous avez une passion profonde.

Why it works

Le renard connaît beaucoup de choses ; le hérisson en connaît une grande. Dans Good to Great (2001), Collins a rapporté que les entreprises de son échantillon avaient une clarté sur un concept unificateur unique et le poursuivaient sans relâche, tout en refusant tout ce qui se trouvait en dehors. Il l'a associé au volant d'inertie (flywheel) : l'idée que la transformation n'est pas une seule poussée spectaculaire mais de nombreuses poussées constantes dans la même direction, chacune un peu plus facile que la précédente, jusqu'à ce que l'élan s'accumule — et son opposé, la boucle fatale (doom loop), où le fait de changer sans cesse de direction signifie que chaque poussée repart de zéro. Les deux idées partagent une seule logique : la constance de direction vaut plus que l'intensité de l'effort, parce que l'effort dispersé entre plusieurs directions s'annule lui-même. Cette affirmation sous-jacente — que la concentration l'emporte sur la dispersion — est vraiment utile comme outil de réflexion. Il faut la traiter comme une manière d'organiser une décision, pas comme une conclusion dont il a été démontré qu'elle cause la performance des entreprises ; la note sur les preuves ci-dessous explique pourquoi cette distinction importe ici plus que d'habitude.

How to do it

  1. Posez trois questions : Dans quoi pourrions-nous être les meilleurs au monde ? Qu'est-ce qui alimente notre moteur économique ? Pour quoi avons-nous une passion profonde ?
  2. Cherchez l'intersection — c'est votre concept du hérisson.
  3. Utilisez le concept comme un filtre : cette décision approfondit-elle ou dilue-t-elle le concept ?
  4. Refusez les bonnes opportunités qui tombent en dehors du concept.

Données probantes

Le modèle des trois cercles de Collins est tiré de son analyse comparative d'entreprises dans Good to Great. C'est un cadre distillé d'études de cas, pas une conclusion testée, et la méthodologie de Good to Great a été substantiellement critiquée — il faut donc le lire comme une heuristique de praticien plutôt que comme une science établie. Il est globalement cohérent avec la recherche en management stratégique sur la concentration et l'avantage concurrentiel, ce qui est une affirmation différente et plus faible que de dire que la recherche le démontre. (anecdotal)

Trois limites, énoncées clairement. D'abord, le plan de recherche sélectionne sur la variable dépendante : Collins est parti d'entreprises ayant déjà réussi et a cherché rétrospectivement des traits communs, une méthode qui ne peut pas distinguer une cause de succès d'un trait qui l'accompagne simplement — et qui ne peut pas voir les entreprises ayant les mêmes traits mais ayant tout de même échoué. Ensuite, plusieurs des entreprises mises en avant ont ensuite connu de mauvaises performances ou de graves difficultés, notamment Circuit City et Fannie Mae, ce à quoi on s'attendrait si l'échantillon original captait en partie une série de coups de chance plutôt qu'une formule durable. Enfin, « le meilleur au monde dans » dépend fortement du contexte et n'est souvent visible qu'a posteriori, ce qui limite la précision décisionnelle prospective du cadre. Utilisez les trois cercles pour structurer une conversation sur la concentration ; ne le traitez pas comme une preuve que le suivre produit l'excellence.

Erreur fréquente

Confondre « passionné par » avec « meilleur dans » — poursuivre une activité parce qu'on l'aime même quand les preuves suggèrent qu'on ne peut pas y être parmi les meilleurs.

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