Planifier la fenêtre d'inquiétude

Fixez une période quotidienne de 15 à 30 minutes pour l'inquiétude, et laissez-vous vous inquiéter librement seulement pendant ce temps.

Why it works

La suppression de la pensée (« n'y pense pas ») augmente de façon fiable la fréquence et le caractère intrusif des pensées supprimées — l'effet de rebond de « l'ours blanc ». Le report de l'inquiétude contourne cela en remplaçant la suppression par le confinement : l'inquiétude n'est pas interdite, seulement différée. Cela préserve le sentiment de contrôle (l'inquiétude est reconnue) tout en perturbant le schéma de généralisation sur toute la journée. Avec le temps, le report démontre aussi que la plupart des inquiétudes diminuent naturellement si on ne s'y engage pas immédiatement — la conséquence redoutée (l'anxiété montera de façon insupportable) ne se matérialise pas.

How to do it

  1. Choisissez une fenêtre d'inquiétude quotidienne spécifique — 15 à 30 minutes, à un moment cohérent, pas près du coucher (par exemple 17h00–17h30).
  2. Quand une inquiétude surgit hors de la fenêtre, notez-la brièvement sur une liste et reportez-la explicitement : « je m'inquiéterai de ça à 17h. »
  3. Au moment prévu, passez en revue la liste et inquiétez-vous librement de chaque élément — sans distraction, sans suppression.
  4. À la fin de la fenêtre, fermez la liste et retournez à une autre activité.
  5. Remarquez, au fil des jours, combien d'inquiétudes reportées semblent moins urgentes au moment prévu.

Données probantes

Le report de l'inquiétude bénéficie d'un appui d'essais randomisés au sein de la TCC pour le TAG. Borkovec et al. ont montré que le contrôle du stimulus pour l'inquiétude réduisait la fréquence de l'inquiétude et son interférence avec la vie quotidienne. Le mécanisme de l'ours blanc/suppression de la pensée (Wegner) bénéficie d'un large appui expérimental. (rct)

La plupart des essais randomisés sur le report de l'inquiétude le testent comme partie d'un protocole TCC pour le TAG plutôt que comme technique totalement isolée ; les preuves sont solides mais pas purement autonomes.

Sources

  • Borkovec, Wilkinson, Folensbee & Lerman (1983), "Stimulus control applications to the treatment of worry", Behaviour Research and Therapy
  • Wegner et al. (1987), "Paradoxical effects of thought suppression", Journal of Personality and Social Psychology

Erreur fréquente

Fixer la fenêtre d'inquiétude trop près du coucher — ruminer à 22h augmente l'activation et le délai d'endormissement, aggravant l'anxiété plutôt que de la contenir.

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