Le résidu attentionnel en changeant de tâche de travail

Une partie de votre attention reste bloquée sur la dernière tâche quand vous changez — terminez ou déposez complètement une chose avant d'en commencer une autre.

Why it works

Quand vous changez de tâche, une partie de votre attention reste bloquée sur la précédente — un "résidu attentionnel" qui dégrade mesurablement la performance sur la nouvelle tâche. Sophie Leroy, qui a nommé et testé l'effet, l'a rattaché à un traitement cognitif inachevé : une tâche incomplète laisse des objectifs et des plans encore actifs, et cette activation entre en concurrence avec la capacité attentionnelle limitée dont la nouvelle tâche a besoin. C'est pourquoi la réponse à "pourquoi est-ce si difficile de faire mon travail ?" n'est souvent ni la paresse ni la difficulté du travail — c'est que vous n'y êtes jamais arrivé avec une pleine capacité au départ. Leroy a aussi découvert que le résidu diminue lorsqu'on atteint un sentiment d'achèvement, ce qui ouvre une possibilité pratique : on ne peut pas toujours terminer, mais on peut clore la boucle en notant précisément où l'on s'est arrêté et ce qui vient ensuite, ce qui permet au processus de planification de se mettre en veille. Basculer rapidement entre le travail et un coup d'œil aux e-mails maintient le résidu constamment alimenté, si bien qu'on n'opère jamais à pleine capacité cognitive de toute la journée.

How to do it

  1. Travaillez sur une tâche jusqu'à un point d'arrêt naturel avant de passer à une autre.
  2. Si vous devez changer en cours de tâche, notez rapidement où vous en êtes et ce qui suit.
  3. Évitez les "vérifications rapides" de messages en pleine plage de concentration — chacune laisse un résidu qui persiste après votre retour.

Données probantes

Directement étayé par les expériences de laboratoire contrôlées de Sophie Leroy en 2009 sur le résidu attentionnel, qui ont montré que la performance sur une nouvelle tâche souffre quand l'attention reste sur une tâche antérieure inachevée. Notez l'attribution : Leroy est la chercheuse qui a identifié et testé l'effet ; Cal Newport l'a popularisé plus tard dans Deep Work, et le terme lui est désormais souvent attribué par les lecteurs qui l'ont rencontré là pour la première fois. La recherche plus large sur le changement de tâche documente également des coûts de commutation. Ophir et al. ont constaté que les gros consommateurs de médias en multitâche étaient moins bons pour filtrer l'information non pertinente et changer de tâche, ce qui va à l'encontre de l'hypothèse selon laquelle les habitués du multitâche s'y adaptent — bien que cette étude soit transversale, elle ne peut donc pas établir que le multitâche cause le déficit plutôt que l'inverse. (rct)

Le résidu est réduit, pas éliminé, en terminant — et la pression temporelle peut laisser un résidu même après l'achèvement ; le levier pratique reste de réduire le nombre de changements.

Sources

Erreur fréquente

Croire qu'on peut faire plusieurs choses à la fois ou "juste vérifier rapidement" sans coût, alors que chaque changement laisse un résidu qui abaisse discrètement la qualité de tout ce qu'on fait ensuite.

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