Coaching stoïcien : la pratique, les textes antiques et l'affirmation sur les TCC

Qu'est-ce que le coaching stoïcien, et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en est-elle vraiment issue ?

Le coaching stoïcien applique des exercices d'Épictète, de Marc Aurèle et de Sénèque, au premier rang desquels la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas, à une situation que vous apportez en séance. Cette page part de ces textes originaux plutôt que de la version en cartes de citations ; elle vérifie l'affirmation selon laquelle la thérapie cognitivo-comportementale descend du stoïcisme en la confrontant à ce qu'Ellis et Beck ont écrit, et indique où le discours actuel sur la discipline et la dureté s'écarte des textes.

« Certaines choses dépendent de nous, d'autres non. » Épictète ouvre son Enchiridion par cette phrase, dans la traduction d'Elizabeth Carter, et le coaching stoïcien consiste à appliquer cette phrase encore et encore à tout ce que vous apportez. Vous décrivez quelque chose qui s'est passé cette semaine ; la séance sépare la part qui est un jugement que vous portez de la part qui n'est que ce qui s'est réellement produit. Bien mené, cela n'a rien à voir avec les douches froides et les citations sévères. C'est une manière d'examiner un jugement à la fois, avec les outils que trois auteurs en particulier nous ont laissés : Épictète, Marc Aurèle et Sénèque.

Cette page part de leurs textes plutôt que des versions qui circulent sous forme de visuels. La même question vaut pour chacune des options présentées ici, y compris IX Coach, le coach IA que ce site fait fonctionner : travaille-t-il à partir de ce qu'Épictète, Marc Aurèle et Sénèque ont réellement écrit, ou à partir d'une paraphrase de paraphrase ?

Une distinction et une prémisse

L'Enchiridion poursuit : « Les choses qui dépendent de nous sont l'opinion, l'impulsion, le désir, l'aversion, et, en un mot, tout ce qui est notre propre action. Les choses qui ne dépendent pas de nous sont le corps, les biens, la réputation, le commandement, et, en un mot, tout ce qui n'est pas notre propre action. » C'est la dichotomie du contrôle, et tout le reste de la pratique s'appuie sur elle.

Quelques passages plus loin vient la prémisse qui lui donne du travail à faire : « Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais les principes et les notions qu'ils se forment au sujet de ces choses. » La promotion que vous n'avez pas obtenue est un fait. L'histoire sur ce que cela dit de vous est un jugement, et les jugements sont le seul élément de la première liste que personne ne vous impose. Dans cette tradition, le rôle du coach est de vous aider à voir laquelle des deux choses vous bouleverse réellement.

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Ce que fait une séance, semaine après semaine

Vous apportez une situation : une évaluation qui vous a blessé, une dispute familiale qui revient sans cesse, une décision que vous ne cessez de retourner. La première tâche est de formuler en une phrase le jugement qui se cache sous la contrariété. Non pas « il m'a manqué de respect », ce qui est un événement, mais « il m'a manqué de respect, ce qui signifie que je ne suis pas pris au sérieux », ce qui est un jugement. Vient alors le tri. Quelles parties de tout cela dépendent de vous : votre prochaine réponse, ce que vous demandez, le fait de continuer à ressasser ce soir ? Lesquelles n'en dépendent pas : son opinion sur vous, le déroulement de la réunion, ce qui s'est passé mardi dernier ?

L'objectif est une action petite et concrète dans la partie qui vous appartient, et un plan pour examiner ce qui s'est passé ensuite. Le bilan du soir décrit sur la page quotidienne de revue stoïcienne de ce site est le moyen habituel de ce second regard.

Cette méthode convient à quelqu'un qui dépense de l'énergie à rediscuter de choses qu'il ne peut pas changer, et qui veut une méthode plutôt que du réconfort. Elle ne convient pas à quelqu'un qui cherche un entraînement à la robustesse, ni à quelqu'un dont la difficulté relève de la clinique.

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Trois auteurs, lus tels qu'ils sont écrits

Le stoïcisme vendu comme une marque de dureté (douches froides, pas d'excuses, serrer les dents et passer à autre chose) est une déformation de ce à quoi les textes conservés consacrent le plus de pages. La traduction de George Long des Meditations de Marc Aurèle ouvre le Livre II non par un exercice de durcissement, mais par une répétition en vue de rencontrer d'autres personnes : « Commence la matinée en te disant à toi-même : je vais rencontrer un indiscret, un ingrat, un arrogant, un trompeur, un envieux, un insociable. » Il raisonne que de telles personnes agissent par ignorance du bien et du mal, qu'il partage leur nature rationnelle, et que leur en vouloir va à l'encontre de la nature, car les hommes sont « faits pour coopérer ». Le passage porte sur le fait de ne pas devenir pire en réponse au comportement de quelqu'un d'autre.

Sénèque va plus loin. Dans la lettre 47 à Lucilius, où il traite de la manière de se comporter avec les esclaves domestiques, qui n'avaient aucun droit de s'opposer à ce qui leur était fait, il écrit dans la traduction de Richard Mott Gummere : « Souviens-toi que celui que tu appelles ton esclave est né de la même souche, qu'il est réchauffé par les mêmes cieux, et qu'il respire, vit et meurt à égalité avec toi. » Il demande à son lecteur de « traiter tes inférieurs comme tu voudrais être traité par tes supérieurs ». Une philosophie dont les lettres consacrent autant de place à la manière dont les puissants traitent ceux qui n'ont aucun pouvoir n'est pas principalement une discipline de robustesse personnelle.

Même l'image la plus citée de la maîtrise de soi stoïcienne se rétrécit lorsqu'on lit la page. La citadelle intérieure est souvent prise pour un mur contre le monde. Dans le Livre VIII de Long, le passage porte sur l'esprit, et non sur la distance avec les autres : « l'esprit libre de passions est une citadelle », le refuge le plus sûr où une personne puisse se réfugier. Rien n'y recommande de tenir les autres à l'écart.

À explorer: Sympatheia — la pratique stoïcienne de l'interconnexion universelle · La citadelle intérieure

L'affirmation sur la TCC, vérifiée à la lumière d'Ellis et de Beck

L'affirmation est souvent formulée plus fortement que le dossier ne le permet. Ce qui peut être vérifié, ce sont les écrits d'Albert Ellis et d'Aaron Beck eux-mêmes. Une revue de 2023 parue dans Neurological Sciences cite Ellis affirmant que le fondement de son approche thérapeutique « a été découvert et formulé à l'origine par les philosophes stoïciens antiques ». Elle cite aussi le manuel de 1979 de Beck et de ses collaborateurs sur le traitement de la dépression : « Les origines philosophiques de la thérapie cognitive remontent aux philosophes stoïciens. » Les deux citent Épictète parmi ces philosophes.

La revue elle-même a un cadre plus large que la TCC : elle soutient que plusieurs formes de psychothérapie utilisées aujourd'hui peuvent être rattachées à la tradition stoïcienne de la thérapie philosophique. C'est une reconnaissance réelle et vérifiable d'une filiation. C'est aussi une affirmation plus modeste que celle selon laquelle la TCC aurait été dérivée du stoïcisme. Les passages créditent les stoïciens de l'idée centrale, selon laquelle ce sont les jugements plutôt que les événements qui produisent le trouble. Ils ne disent pas que l'un ou l'autre de ces auteurs a bâti une méthode clinique à partir des textes stoïciens. Une précaution sur les preuves de cette page : les passages d'Ellis et de Beck passent par la revue de Cavanna et non par les ouvrages originaux, qui n'ont pas été consultés ici. Un texte qui réduit les deux affirmations à l'idée que les thérapeutes s'accordent largement sur le fait que le stoïcisme fonctionne exagère un fait plus modeste.

Demander le livre et le passage

Le test d'un coach stoïcien tient en une seule conversation. Demandez-lui de citer quelque chose et de nommer la traduction. Beaucoup des citations de Marc Aurèle qui circulent en ligne sont paraphrasées au point de ne plus être reconnaissables, ou sont purement inventées. Quelqu'un qui peut vous indiquer un livre et un passage, plutôt qu'un visuel avec un coucher de soleil, montre qu'il a travaillé à partir du texte.

Demandez-lui ce que la philosophie ne vous dit pas de faire. Quelqu'un qui a lu Sénèque plutôt que ses cartes de citations vous dira, sans qu'on le lui demande, que le stoïcisme ne signifie pas réprimer le deuil, ne conseille pas l'indifférence envers les autres, et ne dit pas que vous êtes responsable de ce qui vous arrive, mais seulement du jugement que vous portez à ce sujet. Si la réponse se résume à une version de « ne pas se laisser atteindre », on vous a servi la version en cartes de citations.

Personne ne délivre de licence au titre de coach stoïcien. Interrogez-le sur sa formation (en philosophie, une pratique de lecture à laquelle il appartient, ou aucune des deux), et traitez une réponse vague comme vous traiteriez celle de quiconque enseigne un cadre qu'il n'a pas étudié.

Lire seul, lire en groupe, ou payer un coach

L'étude en solitaire est une option solide ici, ce qui n'est pas le cas pour la plupart des cadres, parce que les textes primaires sont courts, libres de droits, et ont été écrits pour être pratiqués sans intermédiaire. L'Enchiridion de Carter et les Meditations de Long sont tous deux gratuits à lire dans les traductions citées plus haut.

Ce que la lecture seule ne peut pas fournir, c'est quelqu'un qui vous contredit lorsque vous utilisez une formule stoïcienne pour esquiver un sentiment au lieu de l'examiner, et qui garde une trace de vos jugements récurrents sur plusieurs mois. Un groupe de lecture apporte d'autres personnes qui discutent avec vous de ce qu'Épictète voulait dire. Un coach humain qui a lu les textes apporte les deux, en plus d'une attention portée à vous en particulier. C'est là que le coaching commence : appliquer la dichotomie du contrôle à la réunion particulière qui s'est mal passée mardi, au lieu d'acquiescer à cela dans l'abstrait.

Ce qu'IX Coach ajoute à une pratique de lecture

IX Coach ne revendique aucune autorité sur ces textes. Ce qui peut être vérifié, c'est ceci : la dichotomie du contrôle et le bilan stoïcien quotidien sont publiés ici sous forme de pages de concepts que vous pouvez confronter aux textes primaires cités plus haut avant de payer quoi que ce soit. Il ne nécessite aucun rendez-vous, ce qui compte pour une pratique construite autour du moment où un jugement se forme, plutôt qu'autour d'une rencontre une semaine plus tard. Et il s'appuie sur des éléments pertinents de conversations antérieures, de sorte que le jugement récurrent du mois dernier peut être rapproché de celui de cette semaine. Un groupe de lecture vous apporte quelque chose qu'il ne peut pas offrir : d'autres personnes qui discutent avec vous de ce qu'Épictète voulait dire.

Le produit est un coach IA : ce n'est ni un professeur de philosophie, ni un clinicien, ni un service de crise.

Là où la pratique stoïcienne atteint ses limites

La dichotomie du contrôle est un mauvais instrument pour dire à quelqu'un en deuil aigu, en dépression clinique ou dans les suites d'un traumatisme d'arrêter d'adhérer au jugement douloureux. C'est un jugement de cette page, et non une constatation. Un désespoir persistant, un trouble du comportement alimentaire, des pensées suicidaires, ou un deuil qui n'a pas bougé depuis longtemps relèvent d'un clinicien agréé et non d'une leçon de philosophie, et cela vaut pour tout coach, quel que soit le format. Le coaching n'est pas une prise en charge de crise. Aux États-Unis, la ligne 988 répond aux appels et aux SMS si vous pensez à mettre fin à vos jours. Un coach qui répond à tout cela en vous disant que vous choisissez de souffrir fait un mauvais usage de cette philosophie.

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