Coaching orienté solutions : ce que c'est, les questions et ce que montre la recherche
Qu'est-ce que le coaching orienté solutions ?
Le coaching orienté solutions consacre l'essentiel de la conversation à ce que vous voulez plutôt qu'au problème, aux moments où le problème est déjà moins présent, et à la prochaine petite étape, plutôt qu'à la raison pour laquelle le problème existe. Il emprunte ses questions à la thérapie brève centrée sur les solutions. Cette page explique la question miracle, les questions d'exception, les questions d'échelle et les autres gestes essentiels, en quoi l'approche diffère du coaching centré sur le problème et du coaching de type GROW, ce que la recherche montre et ne montre pas, et dans quelles situations elle est le mauvais outil.
Le coaching orienté solutions consiste à consacrer l'essentiel de la conversation à ce que vous voulez, aux moments où le problème est déjà plus petit, et à la prochaine petite étape, plutôt qu'à la raison pour laquelle le problème existe. Il emprunte ses questions à la thérapie brève centrée sur les solutions, que Steve de Shazer, Insoo Kim Berg et leurs collègues ont développée à Milwaukee au début des années 1980. Les plus connues sont la question miracle, les questions d'exception et les questions d'échelle.
C'est la version courte. La suite de cette page passe en revue chacune de ces questions, la différence entre cette approche et le coaching centré sur le problème ou le coaching de type GROW, ce que la recherche montre et ne montre pas (la plupart des travaux ont porté sur la thérapie, et non sur le coaching), et les situations où c'est le mauvais outil.
D'où cela vient
Selon le projet de recherche SOFIA de City St George's, University of London, la thérapie brève centrée sur les solutions est née au début des années 1980 au Brief Family Therapy Centre de Milwaukee. De Shazer et Berg, avec leurs collègues, ont étudié des centaines d'heures de thérapie pour voir quelles questions et quelles réponses étaient suivies d'un changement réel dans la vie des clients. Ils ont remarqué des exceptions aux schémas problématiques, des moments où le problème était moins visible ou absent, et explorer ces moments est devenu une part centrale de l'approche. Le livre de De Shazer de 1985, Keys to Solution in Brief Therapy, est l'un des premiers comptes rendus publiés.
Deux choses en découlent. D'abord, l'approche s'est construite en observant ce que les gens disaient et ce qui se passait ensuite, plutôt qu'à partir d'une théorie de la formation des problèmes. Ensuite, c'est une thérapie par son origine, et les recherches qui la soutiennent portent surtout sur la thérapie. Le coaching orienté solutions reprend les questions et laisse de côté le cadre clinique : il s'adresse à quelqu'un qui fonctionne et veut aller quelque part, et il ne diagnostique ni ne traite rien.
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Les questions sur lesquelles elle repose
Une méta-analyse publiée d'études randomisées a classé les techniques de l'approche en trois groupes : un langage coopératif et la relation de travail, les forces et les ressources, et les questions tournées vers l'avenir. Dans une conversation de coaching, cela se traduit par quelques gestes reconnaissables.
Le futur souhaité, souvent posé sous la forme de la question miracle. Le coach vous demande d'imaginer que le problème a disparu et de décrire ce qui serait différent, avec un détail que l'on pourrait filmer : ce que vous feriez, qui le remarquerait, quel serait le premier petit signe. Une présentation encyclopédique décrit la question miracle comme une invitation à faire comme si le futur désiré était là. Son but est de transformer un vœu vague, comme je me sentirais mieux, en une cible assez précise pour qu'on puisse s'en rapprocher.
Les exceptions. Le coach vous demande quand le problème est un peu moins fort, voire absent, même brièvement, puis consacre du temps à ce qui était différent : où vous étiez, qui était là, ce que vous faisiez. L'idée est que vous faites déjà en partie ce qui aiderait, dans certaines conditions ; le travail consiste donc à trouver et à étendre ces conditions plutôt qu'à inventer quelque chose de toutes pièces.
L'échelle. Vous situez où vous en êtes sur une échelle de chiffres, généralement jusqu'à 10, le sommet étant l'endroit où vous voulez être. Une relance fréquente consiste à demander pourquoi vous êtes à ce chiffre et pas plus bas, ce qui fait ressortir ce qui fonctionne déjà, puis ce à quoi ressemblerait un point de plus, ce qui rend la prochaine étape petite et concrète. Le chiffre sert à affiner, il ne mesure pas.
Les questions de faire face. Quand les choses sont assez difficiles pour que parler d'un meilleur avenir paraisse faire peu de cas de ce que vous vivez, le coach demande comment vous tenez chaque jour, et traite la réponse comme la preuve d'une force que vous n'aviez peut-être pas comptée.
Le repérage entre les conversations. Au lieu de devoirs qui exigent un changement, on peut vous demander de repérer ce qui se passe dans votre vie et que vous voulez garder, puis de le rapporter. Le but est de déplacer l'attention, qui se pose généralement sur ce qui a mal tourné, vers ce qui fonctionne, afin de pouvoir le reproduire.
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En quoi cela diffère du coaching centré sur le problème et du GROW
Une conversation centrée sur le problème suit en général ce cheminement : qu'est-ce qui ne va pas, qu'est-ce qui l'a causé, comment supprimer la cause. C'est une voie raisonnable pour un processus défaillant ou une panne technique. Pour un schéma personnel, comme la procrastination ou une évolution professionnelle bloquée, l'analyse peut durer longtemps sans que la personne soit plus proche d'agir autrement. Une conversation orientée solutions ne nie pas le problème ; elle consacre simplement son temps ailleurs, au souhait, aux exceptions et à la prochaine étape.
GROW, la structure Goal, Reality, Options, Will (objectif, réalité, options, volonté), est d'une autre nature. C'est une séquence pour une conversation de coaching, alors que le travail orienté solutions est un ensemble de questions sur l'endroit où diriger l'attention. Les deux se combinent facilement : l'étape Reality peut être explorée à travers les exceptions autant qu'à travers les obstacles, et l'étape Goal peut emprunter la question du futur souhaité. Notre guide du modèle GROW présente les étapes, notre comparaison des modèles de coaching confronte GROW à des alternatives, dont la question miracle, et notre page sur le coaching de fixation d'objectifs présente les recherches sur la transformation d'un objectif en engagement, y compris les points sur lesquels les chercheurs sont en désaccord.
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Ce que montre la recherche, et ce qu'elle ne montre pas
L'essentiel des données porte sur la thérapie brève centrée sur les solutions, une thérapie proposée à des clients, et non sur le coaching. Elle se lit comme la source la plus proche pour ces questions, et non comme la preuve qu'une séance de coaching fonctionne. En 2000, Gingerich et Eisengart ont passé en revue les 15 études contrôlées de résultats disponibles sur la thérapie à l'époque. Cinq étaient bien contrôlées, et toutes les cinq rapportaient des résultats positifs ; les auteurs ont conclu que ces études apportaient un soutien préliminaire à l'approche, sans permettre de conclusion définitive.
Des méta-analyses ultérieures donnent des tailles d'effet différentes. La méta-analyse de Kim en 2008 trouvait des effets faibles mais positifs (d entre 0,13 et 0,26), seul l'effet sur les problèmes de comportement intériorisés étant statistiquement significatif. Une méta-analyse de 2024 de Franklin et ses collègues a regroupé 28 études randomisées de services communautaires, soit 340 tailles d'effet, et rapporte un effet global moyen (g de 0,654, intervalle de confiance à 95 % de 0,386 à 0,922). Les deux revues ont regroupé des études différentes, et la seconde ne retenait que les essais randomisés en milieu communautaire, ce qui est une lecture raisonnable de la raison de l'écart entre les chiffres ; aucune des deux n'est une étude du coaching.
Il existe aussi un petit ensemble d'expériences sur les questions elles-mêmes, menées avec des personnes qui apportaient un vrai problème qu'elles voulaient résoudre. Dans une étude pilote de Grant et O'Connor, 39 participants ont répondu à des questions de coaching centrées sur le problème, et 35 à des questions orientées solutions, dont la question miracle. Les deux groupes ont augmenté leur orientation vers les objectifs, mais le groupe orienté solutions a davantage progressé. Les deux types de questions ont réduit l'affect négatif et augmenté l'efficacité personnelle, mais seules les questions orientées solutions ont augmenté l'affect positif et amélioré la compréhension qu'ont les participants de la nature de leur problème. Une réplication de 2015 par Neipp et ses collègues a assigné au hasard 204 étudiants d'une université espagnole et a trouvé, pour les questions orientées solutions, des gains plus importants en efficacité personnelle, en orientation vers les objectifs et en étapes d'action, ainsi qu'une baisse plus marquée de l'affect négatif. En 2021, Neipp et ses collègues ont comparé quatre conditions avec 246 participants : les conditions « miracle » et « exception » ont davantage réduit l'affect négatif que la condition centrée sur le problème, l'échelle a produit plus d'étapes d'action que les questions miracle ou d'exception, et les auteurs ajoutent que les questions orientées solutions et centrées sur le problème pourraient se ressembler davantage que se distinguer dans leur effet immédiat.
Pris ensemble, ces résultats soutiennent une affirmation modeste : pour des personnes qui ont un vrai problème, répondre à des questions orientées solutions tend à les faire se sentir plus capables et plus prêtes à agir que répondre à des questions centrées sur le problème, sur le moment. Ces expériences mesurent les personnes avant et après une seule série de questions. Elles ne montrent pas que le changement dure, que les personnes ont ensuite fait quoi que ce soit de différent, ni qu'un programme de coaching orienté solutions surpasse d'autres approches sur des mois. Considérez l'approche comme un ensemble de questions bien motivé et raisonnablement testé, et non comme une méthode éprouvée.
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Là où elle fonctionne moins bien
Certaines limites découlent de la conception des questions, et le raisonnement est ici le nôtre, non un résultat de recherche. Si une personne a d'abord besoin d'être entendue, passer directement au futur souhaité peut donner l'impression qu'on lui demande de se réjouir, ce qui explique l'existence des questions de faire face et pourquoi un bon coach commence par là quand les choses sont lourdes. Si le problème est un fait qu'il faut comprendre, comme la raison pour laquelle un budget ne tient pas, l'analyse est le travail à faire et une question miracle est un détour. Enfin, des questions qui ne font que ressortir ce qui fonctionne peuvent laisser un véritable obstacle sans nom ; demander à la fois ce qui fonctionne et ce qui fait obstacle est plus honnête que l'un ou l'autre seul.
Il faut aussi savoir ce qu'elles vous demandent. Les questions ne fonctionnent que si vous y répondez de façon concrète. Une réponse du type « je serais plus heureux » ne donne rien à construire, ni au coach humain ni au coach IA, et une bonne conversation continuera à demander jusqu'à ce que vous puissiez décrire ce que vous feriez.
Un premier essai seul
Vous pouvez faire une petite version de cet exercice sans coach. Écrivez, en quelques phrases que vous pourriez filmer, à quoi ressemblerait une bonne journée ordinaire si le problème était en grande partie résolu. Puis listez les deux ou trois dernières fois où le problème a été plus petit que d'habitude et ce qui était différent à ces moments-là. Donnez à aujourd'hui une note de zéro à dix par rapport à cette bonne journée, et écrivez pourquoi ce n'est pas plus bas. Ensuite, écrivez ce à quoi ressemblerait un point de plus, et choisissez une étape assez petite pour que vous soyez surpris de ne pas la faire. Dans les jours qui suivent, remarquez et notez ce qui se passe et que vous voulez garder.
Si écrire la première étape vous fait vous sentir pire, et non plus clair, c'est une information utile aussi, et la section ci-dessous est l'endroit où chercher.
Quand le coaching n'est pas la bonne aide
L'approche orientée solutions a une filiation thérapeutique, mais utiliser ses questions dans une conversation de coaching ne fait pas de cette conversation une thérapie. Le coaching, humain ou IA, n'est pas un traitement de la dépression, de l'anxiété, du traumatisme ni d'aucune autre affection, et un coach ne peut pas en diagnostiquer une. Parlez à un médecin ou à un professionnel de la santé mentale agréé si une humeur basse, de l'anxiété ou une détresse durent depuis des semaines, si elles gênent le sommeil, le travail ou les relations, ou si l'image d'un meilleur avenir paraît impossible à former. Les questions sur l'avenir peuvent être douloureuses lorsqu'on est déprimé, et c'est une raison de consulter un clinicien, non de forcer.
Si vous ou quelqu'un de votre entourage pensez au suicide, contactez tout de suite une ligne d'écoute. Aux États-Unis, vous pouvez appeler, envoyer un SMS ou discuter avec le 988, la 988 Suicide and Crisis Lifeline, qui indique être disponible 24 h sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, gratuitement et de façon confidentielle. Au Canada, vous pouvez appeler ou envoyer un SMS au 9-8-8. Au Royaume-Uni, Samaritans est joignable gratuitement au 116 123 à tout moment. En Australie, Lifeline est au 13 11 14. Ailleurs, findahelpline.com recense les lignes d'écoute par pays. Si quelqu'un est en danger immédiat, appelez votre numéro d'urgence local. IX Coach n'est pas un service de crise et ne peut pas savoir quand quelqu'un est en danger ; ce n'est donc pas un filet de sécurité pour ces moments.
Où se situe IX Coach
IX Coach est un système de coaching fondé sur l'IA. Ce n'est ni un coach humain, ni un clinicien, ni un service de crise ; c'est une conversation individuelle. Dans le paysage décrit plus haut, il est conçu pour la partie réflexion : mettre un souhait en termes concrets, repérer les moments où le problème était moins présent, et choisir une prochaine étape. Au 2026-10-10, la thérapie brève centrée sur les solutions et la question miracle sont toutes deux des pages de concepts dans la bibliothèque de pratiques d'IX Coach, qui découpe chacune en pratiques individuelles, avec une indication sur la solidité des preuves pour chacune ; vous pouvez les lire avant d'utiliser quoi que ce soit.
Recherche
- Gingerich, W. J., & Eisengart, S., (2000), Solution-focused brief therapy: A review of the outcome research, Family Process, 39(4), 477-498 — Source for the review of 15 controlled studies, five of them well controlled and all five positive, and for the authors' conclusion of preliminary support that is not definitive. It covers the therapy, not coaching.
- Kim, J. S., (2008), Examining the effectiveness of solution-focused brief therapy: A meta-analysis, Research on Social Work Practice, 18(2), 107-116 — Source for small positive effects (d from 0.13 to 0.26), of which only internalizing behavior problems reached statistical significance. Based on the published abstract.
- Franklin, C., Ding, X., Kim, J., Zhang, A., Hai, A. H., Jones, K., Nachbaur, M., & O'Connor, A., (2024), Solution-focused brief therapy in community-based services: A meta-analysis of randomized controlled studies, Research on Social Work Practice, 34(3), 265-276 — Source for 28 randomized studies, 340 effect sizes, a medium overall effect (g = 0.654), and the grouping of techniques into three categories. Based on the published abstract. Community-based therapy services, not coaching.
- Grant, A. M., & O'Connor, S. A., (2010), The differential effects of solution-focused and problem-focused coaching questions: a pilot study with implications for practice, Industrial and Commercial Training, 42(2), 102-111 — Source for the pilot comparison of 39 participants answering problem-focused questions and 35 answering solution-focused questions. A small exploratory study measuring change within one session.
- Neipp, M.-C., Beyebach, M., Nunez, R. M., & Martinez-Gonzalez, M.-C., (2015), The effect of solution-focused versus problem-focused questions: A replication, Journal of Marital and Family Therapy, 42(3), 525-535 — Source for the randomized replication with 204 students at a Spanish university. It tests the immediate effect of a set of questions, not lasting change.
- Neipp, M.-C., Beyebach, M., Sanchez-Prada, A., & Delgado Alvarez, M. C., (2021), Solution-focused versus problem-focused questions: Differential effects of miracles, exceptions and scales, Journal of Family Therapy, 43(4), 728-747 — Source for the four-condition comparison with 246 participants and for the authors' point that the two kinds of question may be more similar than different in immediate impact.
- SOFIA Research Project, City St George's, University of London, History of Solution Focused Brief Therapy, City St George's, University of London — Source for the early-1980s start at the Brief Family Therapy Centre in Milwaukee and for exceptions to problem patterns becoming a central idea.
- EBSCO Research Starters, Solution-Focused Brief Therapy (SFBT), EBSCO — Source for the description of the miracle question as asking a client to make believe their desired future, and of scaling questions as rating a situation, typically on a 1-to-10 scale.
- de Shazer, S., (1985), Keys to Solution in Brief Therapy, W. W. Norton — Bibliographic details (author, 1985, publisher) match library catalogue records. Cited for the book's existence as an early account of the approach, not for any research claim inside it.
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